Kinshasa se prépare à vibrer au rythme de la paix les 20 et 21 juin 2025 avec la première édition du festival “Kimia”, organisé par le Centre Wallonie-Bruxelles. Annoncé officiellement le 18 juin lors d’une conférence de presse, l’événement ambitionne de faire de la musique un vecteur d’unité et de résistance dans un contexte social tendu. Kimia, qui signifie “paix” en lingala, s’annonce comme une symphonie d’espoir portée par des voix engagées venues de la RDC et d’ailleurs.
« Kimia fera résonner la paix au cœur de la ville à travers une programmation reggae portée par des artistes engagés, des talents venus de Belgique, de Kinshasa, de Matadi, de Goma et d’ailleurs », a déclaré Charly Mabilama, responsable communication du Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa.
Une scène musicale plurielle et enracinée
Le festival ouvrira avec des performances du groupe Owele de Matadi et de Ntemo wa Nsilulu de Kinshasa. À la croisée des genres, leur musique tradi-moderne mêle rumba, jazz, zouk et rythmes Kongo, en résonance avec les traditions locales et les aspirations contemporaines. Une manière d’ancrer le festival dans la richesse culturelle congolaise tout en s’ouvrant à l’international.
Le reggae, choisi comme axe artistique principal, incarnera cette année le souffle contestataire et spirituel du festival. Héritier des luttes sociales, ce genre né en Jamaïque trouve un écho profond en Afrique, notamment auprès des jeunes. « Ce festival met à l’honneur le reggae, un genre qui reflète l’engagement et l’identité des artistes invités », a souligné Cécile Djunga, directrice générale du Centre. Elle a salué l’énergie du groupe Owele, symbole d’une jeunesse créative et fidèle à ses racines.
Une tribune pour la jeunesse
La “Chorale des enfants de Wallonie-Bruxelles Kinshasa”, formée lors des colonies culturelles de 2024, apportera une touche d’innocence et de fraîcheur. Ces jeunes artistes âgés de 8 à 18 ans interpréteront des chants dédiés à la paix, l’unité et l’espoir. « Leur sincérité et leur énergie feront de cette chorale un moment fort du festival », a précisé la directrice.
Une touche cosmopolite et engagée
Aux côtés des talents congolais, une brochette d’artistes internationaux viendra enrichir la programmation. La slameuse belgo-burundo-italienne Joy Slam, le DJ Wendy, et la chanteuse kinoise Lassa Plamedie offriront des performances éclectiques aux influences croisées.
Autre tête d’affiche attendue : JKM Rambo, rappeur et reggaeman originaire de Goma. Fondateur du collectif Rambo Music, il se distingue par une fusion musicale entre les sonorités urbaines, les rythmes traditionnels et les messages de justice sociale. « Il est une voix consciente de l’Est de la RDC. Sa présence était pour nous essentielle », a insisté Cécile Djunga.
L’artiste Sina, figure montante de Kinshasa, viendra clore cette programmation riche. Porteur d’un message de paix enraciné dans les valeurs ancestrales, il s’adresse à une jeunesse en quête de repères à travers une parole poétique et militante.
Plus qu’un festival, un espace de transformation
Au-delà des concerts, Kimia proposera des ateliers de renforcement de capacités à l’intention des artistes et journalistes culturels. Un espace de réflexion, de transmission et d’engagement citoyen.
À travers cette initiative, le Centre Wallonie-Bruxelles entend faire de Kimia plus qu’un simple rendez-vous musical : une plateforme artistique porteuse de sens, un pont entre mémoire, création et transformation sociale.
La rédaction
