Traversant une des périodes difficiles de son parcours après son refoulement en Belgique. Le comédien Liteya Kanda peut compter sur le soutien de l’artiste Alesh. Tel un compatriote, Kinglesh a tenu à réconforter Aimé Madiadia avec un émouvant message que notre rédaction vous laisse découvrir sans commentaire.
« À l’ère des likes et de la critique facile,
À l’ère des réseaux, de l’aigreur et des moqueries digitales, j’aimerais m’arrêter deux secondes pour dire ma compassion et mon soutien au comédien Congolais Pasteur Liteya KANDA.
Sans soutenir sous aucune forme l’immigration clandestine (je suis de ceux qui ont fait le choix de vivre en RDC en dépit de toutes les opportunités que j’ai depuis plus d’une décennie), je me réserve souvent de juger de manière tranchée les jeunes Congolais (ou Africains) qui décident d’immigrer clandestinement à la moindre opportunité, sans maîtriser les contours de leurs vies. NOUS N’AVONS AUCUNE IDÉE DU DÉSESPOIR DANS LEQUEL VIVENT CERTAINES PERSONNES.
Nous, Congolais, sommes lents au soutien mais extrêmement rapides à lapider/tenter d’humilier les gens sur les réseaux. L’impression renvoyée est que le Congolais usager des réseaux sociaux n’attend que le malheur atteigne son prochain pour enfin parler de lui, pour éclabousser sa réputation à cœur joie.
À l’heure où plus de 95% des congolais consomment les créations artistiques sans achat légal, les gens s’étonnent que les artistes soient pauvres et que certains décident de ne plus revenir au pays à la première opportunité qu’ils ont, d’arriver en Europe ou aux États-Unis.
Méfiez-vous des paillettes et des fausses images que l’on vous renvoie sur les réseaux. Nous n’avons pas tous la même vie. Oui, votre artiste préféré peine peut-être à trouver de quoi manger. Oui, croyez-moi, que les « pesa elengi » de la télé ou des réseaux ne vous trompent pas. La plupart d’artistes, des journalistes, et des sportifs Congolais ne sont pas bien assis et galèrent quotidiennement. Les plus sincères d’entre nous vous le diront.
Voir un artiste populaire comme « Liteya ya Kanda » pleurer aussi amèrement en disant « Nzambe, na zongi lisusu na mboka oyo! » devrait nous interpeller tous (fans et autorités). C’est l’expression d’un mal-être social qui passe souvent sous silence. Ne condamnez pas sans connaître le désespoir social dans lequel certains d’entre nous vivent.
J’entends des gens dire « ouais mais comment ça se fait qu’il veuille immigrer clandestinement alors qu’il est posé, bien assis, populaire au Congo, etc ». Mes questions sont: qui vous dit qu’ici popularité rime forcément avec confort social? Combien de fois avez-vous acheté ses pièces de théâtre ? Combien de fois avez-vous acheté des places de ses spectacles ? Comment pensez-vous qu’il devienne socialement stable alors que nous consommons ses œuvres sans payer?
Mon frère LITEYA YA KANDA, nous compatissons et te souhaitons beaucoup de courage. À toi le « passeport diplomatique de ta famille », Sache que nous autres ne serons pas de ceux qui se moquent de toi. Nous aimons l’artiste de talent que tu es, nous ne serons pas avec toi que lors de tes victoires. Nous nous faisons le serment de traverser également les tempêtes de ta vie avec toi. Nous te le devons, surtout que la plupart d’entre nous consommons ton art SANS PAYER et nous défilons quand il s’agit d’acheter les billets de tes spectacles.
Que Dieu te bénisse frangin. Ya ko loba eza ebele mais to suka awa… Nous t’aimons. Force à toi.
